Qu’attendons-nous de nos entreprises dans le domaine social ?

Dans un contexte où le marché de l’emploi est en pleine transformation où notre vision du travail en lui-même change, le rôle de l’entreprise est alors essentiel et sa dimension sociale se fait jour.  Selon le Code civil, une entreprise n'existe qu'en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra en résulter. On peut facilement envisager une définition juridique plus large, permettant à chaque entreprise de s'assigner des missions sociétales et environnementales. L’entreprise a une place essentielle dans la société. Elle a « une dimension environnementale, sociale, elle ne se résume pas à la réalisation de profits. L’entreprise c’est beaucoup plus que tout cela.» selon Bruno Le Maire, actuel Ministre de l'Économie et des Finances.

 

Fournir des emplois est le premier rôle de l'entreprise. On attend d’elle des offres d’emplois stables, de bonnes conditions de travail et une participation active à la formation, à la qualification et à l'insertion des salariés. On attend aussi d’elle un engagement dans le domaine social, environnemental ou encore éducatif. « Par son engagement, l'entreprise se met en situation d'attirer de nouveaux talents, d'accroître leur productivité et d'accéder à certains financements. »  dit le Journal du dimanche.

 

D’après un sondage réalisé par l’institut BVA pour Salesforce, on remarque une évolution du rôle social des entreprises. En effet les résultats de cette étude nous montrent que les entreprises veulent être de plus en plus humaine pour que leurs salairé(e)s soient épanouie(e)s. D’ailleurs 54% des salariés portent de l’importance à l’implication de l’engagement social de l’entreprise avant d’y postuler et 70% des salariés considèrent que leur entreprise agit de manière responsable vis-à-vis de la société.

 

Les 3/4 des principaux intéressés (les salariés) considèrent normal que les entreprises s’engagent dans le domaine environnemental et social, dans le même temps ils sont plus de la moitié à penser que ce que font les entreprises n’est pas suffisant, qu’elles ne sont pas suffisamment engagées et que cet engagement n’est pas assez approfondi (l’autre moitié perçoit l’entreprise comme engagée).

72% des salariés sont d’avis que l’engagement des entreprises (social, environnemental ou éducatif) est opportuniste. Parmis eux, plus de 6 salariés sur 10 (62%), s’impliquent dans les actions menées par l’entreprise. Comme a dit l’ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot aux patrons du MEDEF : « Nous allons faire évoluer l’objet social des entreprises, qui ne peut plus être le seul profit, sans considération pour les hommes et les femmes qui travaillent, sans regard sur les désordres environnementaux. ».

Avec ce sondage on remarque également que selon les salariés interrogés seulement une personne sur deux considère que l’entreprise est attentive aux personnes exclues. Dans un contexte social tendu ces derniers mois ils sont 7 salariés sur 10 qui estiment que l’engagement des entreprises face à la crise denes Gilets Jaunes est insuffisant. Mais c’est surtout dans le domaine environnemental que les salariés (63%) souhaitent un engagement plus fort de leur entreprise bien avant le social (49%).

 

Cet engagement social des entreprises montre l’épanouissement au travail. Les salariés dont les entreprises sont engagées (sur le plan social, environnemental ou éducatif) jugent le travail épanouissant (76%), alors qu’il y a 8% de moins de salariés qui le pensent pour les autres entreprises. C’est aussi et de plus en plus un critère déterminant dans le choix d’un employeur pour plus de la moitié des salariés. On comprend que cet engagement social et surtout environnemental (50% des salariés interrogés souhaitent que les entreprises réduisent leurs déchets)  va devenir un atout pour les entreprises et une priorité pour attirer de nouveaux profils.

 

Source chiffres : Enquête réalisée par Internet du 15 au 22 mars 2019.  Echantillon de 1000 salariés, représentatif de la population salariée âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, CSP de la personne interrogée, région, secteur d’activité, taille d’entreprise (salariés du privé) et type d’établissement (salariés du public).